VERDUN 1916
UN TIRAILLEUR EN ENFER

de Yves Pinguilly

couverture illustrée par Gilles Scheid

Éditions : Nathan

Collection : Les romans de la mémoire

Date de parution : août 2003

Format : 19 x 13 cm

 

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L'histoire :

Tierno est un jeune Africain originaire de Mamou en Guinée. Il doit partir pour Dakar afin de poursuivre ses études. À Conakry, il fait la connaissance de Aboubacar, un jeune homme qui, comme lui, doit poursuivre ses études à Dakar. Mais arrivés là-bas, ils sont embarqués de force sur un navire à destination de la France. Nous sommes en 1915 et la Grande Guerre fait rage en Europe. Bon gré mal gré, les deux jeunes Africains acceptent leur sort et sont débarqués, quelques jours plus tard, à Saint-Raphaël, avec plein d'autres Africains de leur âge. Désormais, ils sont des «tirailleurs sénégalais». Au camp Gallieni, où ils suivent une formation militaire, les deux Africains sont vite remarqués car, comme ils sont allés à l'école, ils parlent très bien le français. Après cinq mois d'entraînement, ils sont prêts pour partir au front. Nous sommes en février 1916. Le bataillon est cantonné en Argonne puis, en avril, il prend la direction des tranchées de Verdun. Tierno a été promu caporal grâce à son instruction. Le lendemain, c'est le baptême du feu. Les tirailleurs sortent des tranchées avec leurs machettes et leurs grenades mais les mitrailleuses allemandes font un carnage. Tierno et Aboubacar sont sains et saufs mais cette fois-ci, ils comprennent pour de bon dans quel enfer ils sont tombés. Ils se promettent même d'épouser la fiancée de l'autre si l'un d'eux vient à mourir. De retour au cantonnement, Tierno trouve le temps d'écrire à son père de la guerre et de ses absurdités. À sa grande surprise, il est promu sergent et décoré de la croix de guerre pour sa bravoure. Le soir même, le bataillon de tirailleurs remonte en ligne. Une nouvelle fois, c'est un massacre. Tierno est tout d'abord blessé à la main par une balle puis à l'épaule par des éclats d'obus. Perdu sur le no man's land, il rampe parmi les cadavres et les blessés. Dans un trou d'obus, il se retrouve avec un soldat agonisant. Une fois mort, Tierno fouille ses poches. Il y découvre des photos de famille et des lettres, dernières traces de sa vie. Plus tard, il est secouru par deux brancardiers puis évacué dans un hôpital de campagne. Là, il retrouve miraculeusement son ami Aboubacar. Une infirmière s'occupe de Tierno qui est opéré à l'épaule par un chirurgien. Aboubacar, moins blessé que lui, va retourner au combat, tandis que Tierno va profiter d'une période de convalescence. Au bout de quelques semaines, il rejoint sa compagnie. En arrivant, il apprend que la mort de Aboubacar est survenue quelques jours plus tôt. À la faveur des nombreuses attaques de l'été et de l'autonme, tout le secteur de Verdun est repris aux Allemands. Tierno va ensuite poursuivre la guerre dans d'autres secteurs du front avec ses tirailleurs sénégalais jusqu'en novembre 1918. Après l'armistice, il se rend à Paris en compagnie du capitaine Legall, le commandant de son bataillon. Puis ils se quittent et Tierno va trouver la famille du soldat mort dans un trou d'obus pour remettre aux parents les dernières lettres de leur fils. En 1919, il rentre enfin à Mamou en Guinée où il épouse sa fiancée d'avant la guerre, Néné Gallé.

 

Ce que j'en pense :

On oublie souvent que des dizaines de milliers d'Africains sont venus combattre en France pendant la Grande Guerre aux côtés des poilus. Ces troupes coloniales, plus connues sous le nom de « tirailleurs sénégalais » ont payé cher leur engagement souvent forcé. Ce roman d'Yves Pinguilly reconstitue de façon convaincante le parcours de deux jeunes tirailleurs dans l'enfer de Verdun. C'est le seul livre de littérature jeunesse qui développe vraiment ce sujet à travers une histoire. À la fin du livre, un lexique nous renseigne sur les mots africains utilisés dans le récit et un texte documentaire fait le point sur la participation des troupes coloniales durant la Grande Guerre.
Lire l'entretien que Yves Pinguilly a accordé à Ricochet

Victor